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Archive for janvier 2013

En lisant l’article de Norbert Alter sur l’innovation au management – Les trois piliers de l’innovation, j’ai eu ce curieux sentiment d’un article intéressant basé sur une pensée bien construite, argumentée et pertinente ET en même temps le sentiment de ne rien apprendre. Comme si condamné tel Sisyphe a refaire éternellement le même chemin, je (re)découvrais une nouvelle fois ces vérités profondes sur la nature humaine qu’il faut sans cesse (se) rappeler :

  • l’homme est un animal doué d’émotions – (re)lire L’intelligence émotionnelle),
  • nous sommes l’aboutissement d’une évolution de quelques millions d’années où nos racines archaïques sont à peine voilées par les règles sociales – (re)penser à la faible distance génétique qui nous sépare des bonobos,
  • le système a toujours raison contre un individu
  • l’idée géniale d’un seul ne devient une innovation qu’au terme d’un processus long d’appropriation sociale – (re)lire Shumpeter).
  • rien n’est possible si la culture de l’organisation ne le permet pas,
  • le changement n’est possible que par l’appropriation par les acteurs de l’organisation,
  • pas de créativité sans liberté et notamment liberté d’essayer et donc de se tromper,
  • l’émotion de partager, en solidarité, une aventure humaine porteuse de sens fait des équipes capables de déplacer des montages.

Plus douloureusement, il faut à nouveau entendre que certaines vérités sont bien mieux reçues quand elles sont susurrées par un consultant à 2000€/jour même si les équipes internes s’époumonent à dire la même chose depuis des lustres. Nul n’est prophète dans son pays. Et telle la consultation psychanalytique, le top manager doit payer cher un miroir extérieur, pour entendre la vérité intérieure qu’il ne veut pas s’avouer.

Reconnaitre encore une fois ce mal français, cette logique de caste qui empêche un manager de haut vol d’admettre qu’un subalterne puisse être aussi intelligent, avoir une meilleure idée, être plus à même de décider de ce qu’il faut faire. Relire La logique de l’honneur.

Retoucher durement le poids de l’irrationnel, de l’affectif, de la croyance dans les décisions des managers pourtant amourachés de raisonnements rationnels, bardés d’indicateurs statistiques et de méthodes mutli-critères, jongleurs des tableaux croisés dynamiques, mais in fine obligés de choisir au feeling des options dans un univers incertain avec une information parcellaire et des données dont la précision des décimales compense l’incertitude de la partie entière.

Se rappeler l’importance dans cet univers chaotique de l’expérimentation, de la confrontation au réel, du test en situation, de l’essai-erreur face à la complexité de la réalité.

Relire le énième appel à la mobilisation de l’intelligence de l’organisation, via la circulation libre de l’information et la confiance dans les individus.

Méditer à nouveau sur l’équilibre à trouver entre la discipline, garante de l’efficacité de l’exécution et l’autonomie, garante de la créativité au sein de l’organisation.

Tout ça, pour aboutir à cette vérité première : « On ne peut pas innover sans transgresser les règles : les patrons innovants sont des personnes qui peuvent supporter la transgression des règles, la prise de risque. » Il faut un patron assez solide pour accepter d’être challengé dans ses idées, ses convictions, ses règles. Il y a quelques jours, un consultant intervenait dans mon entreprise et nous montrait une photo prise dans une cantine des bureaux de Google à San Fransisco. Sur le mur de la cantine, on peut lire : « If you want to achieve greatness, stop asking for permission. » Combien de patrons d’entreprises sont prêts à inscrire ce type de déclaration dans le hall de leur entreprise ?
Bref, c’est un excellent article mais j’ai comme un coup de déprime à moins que ce soit un coup de vieux.

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